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Camargue
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Camargue
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Image"Au Sud de la France, là où le Rhône se jette dans la mer,
 il est un pays presque désertique, appelé la Camargue, où vivent encore des troupeaux de chevaux sauvages"
 - Crin Blanc de René Guillot 

 

Sur la piste des Gardians
 

ImageLe soleil se lève sur l'étang du Vacarès, nimbant d'or les eaux plates de la lagune. Chapeaux, ponchos et bottes, les cavaliers progressent lentement à travers les "sansouires" (les marécages). Entre les touffes vertes des salicornes (ingrédient indispensable à la fabrication du savon de marseille), le sol se craquelle, et on voit çà et là effleurer des couches de sel. D'un fouillis de roseaux, sur les berges humides, décolle un héron cendré qui plane un long moment sur les étendeus immobiles. Dans l'air déjà chaud du matin, les chevaux s'ébrouent - des camarguais de pure souce, avec leur robe gris clair, leur folle cinière et leurs sabots larges, parfaitement adaptés aux terrains marécageux. En colonne, ils longent les rives du Vacarrès, suivent la digue des Cinq-Georges, remontent jusqu'aux étangs de Méjanes. Bientôt l'horizon semble disparaître, noyé dans cet immense paysage liquide qu'ont formé, en se mêlant, les eaux du Rhône et de la Méditerranée.
 
Sauvage, la Camargue?
Au cours des siècles, l'homme a pourtant profondément modifié ses paysages, prévenant les incursions de la mer et canalisant les crues du fleuve. Ici, on contrôle en permanence le niveau des eaux. Le Vaccarès est la pièce maîtresse de tout le système hydraulique du delta : cette vaste lagune de 6 000 hectares, où les eaux ne dépassent pas 2 mètres de profondeur, permet désormais d'irriguer "sur mesure" les rizières de Camargue. Mais la nature y a aussi repris ses droits. Grâce à la création du Parc Naturel Régional de Camargue, en 1972, des milliers d'oiseaux viennent nicher sur les îlots de la lagune : foulques et canards plongeurs , grèbes, hérons ...
 
Pour explorer ce territoire aux rives incertaines, rien ne vaut la randonnée à cheval. Sur des kilomètres de sentirs interdits aux voitures, sansouires, tamaris, baisses (étangs à assèchement estival) et lagunes alternent. Avec leurs couchers de sosleil magiques, quand les étangs s'éclairent de rouges dans un lâcher de flamants roses. A cheval et avec un bon guide , on peut passer partout, y compris sur les manades, ces immenses propriétés privées consacrées à l'élevage des taureaux. Il suffit de pousser les portails qui délimitent les domaines. Ainsi, on approche au plus près de la vie des élevages camarguais. Un vieux mas de pierre orienté plein sud, dos au mistral, une treille où s'enroule la vigne, des écuries pour abriter les chevaux : au nord du Vaccarès, dans les paysages plats de la Petite-Camargue, la manade des Grandes-Cabanes se repère de loin.


 
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